Nous avons vu d’innombrables exemples d’hommes politiques qui utilisent des comptes bancaires situés dans des juridictions opaques dans le but de cacher des biens volés. L’ancien dirigeant nigérian Sani Abacha avait choisi le Royaume-Uni, Jersey et la France, alors que l’ukrainien Viktor Ianoukovitch avait lui préféré la Suisse et l’Autriche. Le nouveau système d’échange automatique permettrait de rassembler beaucoup d’information qui pourrait vraiment faire avancer les enquêtes de corruption et les détournements des gouvernements, et ainsi mettre un terme au pillage avant qu’il ne soit trop tard. Plusieurs années seront nécessaires pour recoller tous les morceaux de ce détournement d’Etat de grande ampleur et le processus est fortement entravé par le manque d’accès à l’information.

Mais un problème se pose concernant cette nouvelle abondance d’information : la corruption n’aura plus de limites.

Au lieu de laisser les gouvernements utiliser l’information afin de traquer et d’enquêter sur les cas de corruption, les informations financières échangées seront uniquement disponibles dans le cadre de problématiques liées aux impôts et partagées entre les « autorités compétentes » de chaque pays. La restriction qui porte sur l’utilisation de ces informations pour lutter contre la corruption est surprenante et doit être réexaminée.

Et maintenant ?

Mettre le doigt sur les insuffisances d’un nouveau système ne répond qu’à moitié à l’équation. Il est aussi important d’élaborer des solutions. Si vous souhaitez en savoir plus sur le système d’échange automatique du G20/OCDE et ce qu’il est possible de faire pour l’améliorer, lisez le rapport de Christian Aid, « Information pour les nations ». Vous pouvez également visualiser cet outil infographique qui explique pourquoi une période temporaire de non-réciprocité est vitale pour permettre aux pays en développement de s’intégrer au système.

Il est essentiel de retravailler le cadre actuel, mais il serait encore plus logique de faire en sorte que les normes internationales soient définies dans des forums internationaux, raison pour laquelle l’ONU devrait modifier le statut du Comité d'experts sur la coopération internationale en matière fiscale des Nations Unies et en faire un organe intergouvernemental universel. Cela lui donnerait l’appui politique et financier nécessaire pour qu’il puisse se consacrer au processus d’élaboration des normes internationales. Nous avons plaidé en faveur de sa création en juillet lors de la 3ème Conférence sur le financement du développement. Bien que l’organe fiscal ne fasse pas partie du résultat final, l’idée de garantir un siège à tous les pays n’avance pas vraiment. Vous pouvez en apprendre davantage sur la transparence financière, les flux financiers illicites et le secret qui permet de continuer à faire fonctionner le système ici.

Pour en savoir plus sur ce projet, venez découvrir comment nous avons élaboré nos données et nos graphiques ou contactez-nous sur notre page About the Project.